Zalez | Stencil Artist

Zone Agréez Libertaire Eduqué a Zapper

Zalez : parcours d’un artiste urbain

Zalez est un jeune artiste issu de la scène urbaine contemporaine. Aujourd’hui il vit entre l’Auvergne et Paris et développe son travail en atelier, sans pour autant oublier les murs de la rue. Nous l’avons rencontré dans un appartement du 19ème arrondissement de Paris, un lieu qui fait figure de Showroom plus que d’espace privé.

 

Zalez, son parcours

Il commence le dessin très jeune, avec son père. A l’école primaire il échange ses productions avec les autres enfants, contre des billes ou des bonbons. Assez naturellement, il se lance dans des études d’art : une école de Design Graphique puis les Beaux Arts de Toulouse, et quelques années universitaires en Histoire de l’Art.  « Je voulais avoir une vison globale du milieu de la culture. Par contre je n’ai eu aucun diplôme, je suis toujours parti avant ! Mais ça m’a permis d’asseoir mes convictions artistiques, et de défendre le travail auquel je croyais. »

 

Ses sujets

C’est en évoluant dans le milieu urbain de Toulouse qu’il développe son sujet de prédilection, le corps de la femme. « Au moment où j’étais là-bas c’était la grosse époque du street art. Il y avait une école plutôt féminine, avec des artistes comme Miss Van, Fafi ou Mademoiselle Kat. Et une école de mecs qui avaient une représentation masculine des choses, avec des gros graffitis et des gros muscles ! » Zalez, avec sa vision d’homme, choisit de représenter le féminin. Ce sujet lui permet également d’aborder certains faits plus politiques : la société dans son ensemble, la liberté, le droit ou la consommation de masse…  « C’est une bobine de film que je déroule en permanence. »

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Dans son travail, le corps en mouvement est le plus souvent nu, isolé dans un cadre. Il explique facilement ce choix : « A partir du moment où tu mets un contexte dans le fond d’une image et des vêtements à tes personnages, tu donnes du sens. Sans appartenance sociale et sans distinction possible, l’œuvre s’ouvre à plusieurs clefs de lecture. » Il préfère voir ses corps flotter au milieu de la toile, de la feuille de papier ou du mur, sans définition stricte du sujet. Le classicisme du dessin renvoie une expression corporelle puissante.

Lorsque Zalez a su qu’il voulait vraiment travailler sur la représentation du corps, il a étudié l’anatomie pendant trois ans, sans s’arrêter. Aujourd’hui, il n’utilise plus de modèle, il travaille d’abord sur croquis pour structurer ses idées, les formes et les positions de ses sujets, la texture des matières.

 

Sa technique

Ici, le travail de l’artiste tourne beaucoup autour de l’importance de la technique. Zalez découvre le pochoir à l’école des Beaux-Arts. Il commence avec des petits dessins en monochrome noir, simples et efficaces en plus d’êtres pratiques pour la rue. Au fur et à mesure il développe la couleur et augmente le nombre de couches. « J’ai mis deux ans à rôder cette technique de travail et à arriver à un résultat satisfaisant. » Le côté indirect de la technique du pochoir lui plaît. « Il faut composer le dessin petit à petit, sans même savoir s’il va vraiment être réussi. La magie opère avec la dernière couche, quand l’image apparaît enfin et je m’extasie un peu comme un gosse ! » 

La technique assimilée, Zalez peut aujourd’hui réaliser des images allant jusqu’à 37 couches de peinture ! Pour l’instant c’est son maximum.

 

La pratique dans la rue

 

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Bien qu’il soit régulièrement exposé en galerie, Zalez n’a pas oublié ses premiers amours. Il n’a jamais arrêté de repeindre les murs des villes, cette pratique lui permet de faire évoluer son travail. Les contingences imposées par la rue lui sont bénéfiques. « Tu ne peux rien prévoir quand tu fais de la peinture sauvage. Tout est aléatoire, de la texture d’un mur au rendu final. Ce sont ces aléas que j’essaie de reproduire ensuite sur toile. Par exemple quand j’ai débuté je travaillais surtout un personnage en noir, un jour, une bande colorée est venue s’interférer dans mon dessin, ça m’a permis de m’ouvrir à la couleur. »

Il appartient à toute une génération d’artistes issus de la culture du skateboard. « Quand la ville a été ton terrain de jeu, tu la vois autrement. Tu appréhendes les éléments urbains d’une autre façon, c’est toute une représentation mentale qui diffère. » C’est aussi pour cela qu’il garde une préférence pour le street art sauvage. A défaut d’utiliser les espaces dédiés par les mairies, Zalez choisit des endroits passant où ses œuvres seront vues. Il peint surtout la nuit, en essayant de rester discret. « Je fais du repérage avant et je connais les dimensions de l’endroit où je vais dessiner. J’utilise une seule couleur par contre, pour que ce soit plus rapide. Les peintures avec les couleurs, elles, seront plutôt dans les friches et les endroits désaffectés. »

 

Engagement artistique

Zalez est aussi un artiste engagé. Engagé dans une thématique forte, celle de la représentation de la femme et de la libération du corps, mais également engagé dans une pratique qu’il défend. Il regrette le blocage de la France face au street art, bien qu’il y ait quand même des améliorations depuis ces dernières années. « Je crois que la France est restée bloquée dans l’art des années 1960-70 où l’idée prime sur la réalisation. C’était très bien à l’époque, mais trente ans plus tard on tourne encore autour des mêmes concepts et on continue à voir la même chose. Maintenant à l’étranger on voit revenir l’hyperréalisme mais la France refuse de s’y mettre… »

Récemment on a pu voir les réalisations de l’artiste fleurir sur les affiches du mouvement Nuit Debout, à Paris. Il reste discret sur ses engagements politiques mais regarde beaucoup ce qui se passe dans la société. L’actualité nourrit les idées qu’il a envie de défendre pour faire avancer les choses.

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L’artiste est un nom avant d’être un visage qu’il choisit de ne pas montrer. « On est dans une société qui veut que l’artiste utilise son image pour faire vendre, j’ai plutôt envie d’aller contre ça. » Aux Beaux Arts il crée un mouvement radical avec d’autres étudiants « Zone Agréée Libertaire Eduquée à Zapper », un condensé de mots pour mettre en place une démarche critique vis-à-vis du système de l’académie. Ils bloquent régulièrement une rue de la ville pour la transformer en espace d’exposition. Peinture, sculpture, performances, les médiums s’y retrouvent pour figurer ensemble une action libertaire. Avec le temps, les autres sont partis, « ZALEZ » est resté. Cinq lettres qui se sont imposées dans le milieu de l’art (et pas uniquement du street art) avec une pratique originale, un style unique et reconnaissable de tous.

 

Retrouvez des oeuvres de Zalez sur la boutique Balibart

Texte par  pour Balibart

 

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