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Interview- Drawing is Not a Crime

Salut ZALEZ, tu peux nous expliquer l’acronyme de ton nom ?
Alors cela remonte aux années 2000 quand étais étudiant aux Beaux arts de Toulouse, avec un petit groupe d’étudiants nous organisions des expositions sauvages dans les rues du centre ville et nous appelions cela des Zone agréer Libertaires Eduquée à Zapper. C’est l’acronyme des premières lettre de chaque mots en référence a cette période et ces personnes.

Ton travail est clairement axé sur la femme, tu peux nous en dire plus ?
Le travail du corps est pour moi important car il est notre dénominateur commun à tous. Et la vision que nous en avons est conditionnée par la culture, la religion et surtout notre vision de nous même.
Dès le début, je me suis concentré sur l’image du corps féminin. D’une part, dans son inscription dans l’histoire de l’Art et la convenue que ce sujet dans l’Art contemporain doit et c’est un sujet féministe et donc réservé aux femmes. D’autre part, la femme et sa place dans la société est représentative de cette même société. Ainsi, dans la notre (judéo-chrétienne) elles représentent le mieux l’évolution de ces dernières années (droit de vote, égalité hommes-femmes, loi sur le mariage pour tous…etc). Enfin, cela me permet aussi de traiter différents sujets qui m’intéressent : consommations, politiques,social, etc !
Le dernier point important dans mon travail est l’utilisation de corps nue, pour moi c est un moyen de revendication de sa liberté, face au monde !
En effet, on retrouve le corps utilisé pour des fins plus politisées comme le font les Femens, les Pussy Riot mais aussi dans une idée de s’affranchir de ces codes judéo-chrétiens comme le mouvement « free the nipples ».

Quel est ton parcours ?
J’ai eu un parcours et un apprentissage des bases classiques du dessin, par mon père d’abord qui dessinait beaucoup, puis j’ai fait une école de Design à Montpellier, et les Beaux arts de Toulouse et un peu d’Histoire de l Arts. Mais je me suis toujours senti enfermé dans ces établissements de part la structure, les enseignements. Donc je me suis trouvé rapidement à chercher autre chose principalement dans la rue et la culture Underground.

Pourquoi le pochoir ?
J’utilise principalement la technique du pochoir, car elle me permet a la base de travailler en ville de laisser mes petits personnages très rapidement, j’ai ensuite développé cette technique pour la pousser avec la couleurs jusqu’à un résultat quasi photographique. J’ai développé en parallèle la technique du dessin et de la photographie,
J’aime travaillé de plus en plus sans dessin car c’est une discipline ou l’erreur est très dure à corriger et ou j’ai un rapport direct avec l’œuvre qui se forme que j’ai moins avec le pochoir qui se fait en trois temps avec un dessin de recherche, le découpage et enfin le passage en peinture.

Tu as fait pas mal d’expos, principalement collectives avec de plus en plus de solos depuis les deux dernières années
Oui j ai fais pas mal d expositions ces deux dernières années principalement à l’étrangers car il y a plus de possibilité d’exposer et de travailler a l’étranger pour un artiste qu’en France. L’année dernière j ai fait un retour en France en signant un contrat avec la Galerie Berthéas de St Etienne, avec qui ça ce passe bien,et qui me permet de développer mon travail comme je le souhaite.

Il y a des artistes contemporains dont tu suis le travail ?
Bien sur, je pense que c’est important de s’intéresser au travail des autres!
J’apprécie beaucoup le travail en dessin de Juan Francisco Casas Ruiz, j’ai eu la chance de voire quelques unes de ses oeuvres et c est assez magique son travail au stylo Bic. Ensuite, j’aime beaucoup le travail en peinture de Jenny Saville et Philippe Pasqua. Pour ce qui est du street art et du pochoir, j apprécie beaucoup le travail de D-Face, encore trop peu connus en France et le travail de Herakut. Après, je m interrésse a beaucoup de chose, le graphisme, le design, la mode, l’architecture, la photographie…

Ta vie en dehors de tes créations, tu la résumes comment ?
Braque disait « Pour l’Artiste,un jours l art et la vie ne font qu un ». C’est un peu ça en fait, en vivant on crée et c’est une recherche de chaque instant. Après je fais pas mal de surf de skate mais je considère que tracer une ligne en dessin ou en surf sur une vague ou sur le béton en skate est aussi une création et développe de nouvelles perspectives. Sinon, je lis beaucoup et m’informe ce qui est important a notre époque.

Tu as d’autres centres d’intérêt ?
Comme je le disais plus haut, je pratique le skateboard, le surf, le ski, pour ce qui est des à coté. Après mes centres d intérêt sont les voyages, et d essayer de mêler tout ca : l’art, le sport, les rencontres. C’est ca en fait ma vie et mon équilibre.Tout et lié en fait, c’est difficile à compartimenté, disons que mon centre d’intérêt est la quête d un moment parfait ou tout s accorde. Cela pourrait être un sujet d’Arts ou de Philosophie. Disons que mon centre d’intérêt c’est de vivre…

 

Propos recueillis en Avril 2014

http://drawingisnotacrime.com/art/interview-zalez/

 

 

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D’entre les rues : Zalez

D’entre les rues : Zalez

Les femmes de Zalez sont  bétons et calcaires : elles pendent sur les murs  à la manière de « stalag-mythes » soumis à la force d’érosion. Une fois peintes  lentement le temps les sculpte  en précipitant, au sens chimique du terme, les fruits du travail premier. La belle violence de l’incarnation du graffiti s’étiole peu à peu tout en créant une poétique de la ruine que la jeunesse des corps dément.

 

Chaque égérie crache son délicieux venin et sa  morgue, elle se lève lentement, impose son imposture à celle des rues. Eros prend possession des murs. Le lustre d’autrefois et en décrépitude est remplacé par le sien. Si bien que  les emprunteurs des rues  prennent la place de leurs anciens pensionnaires. Qu’importe si des gouttes glissent sur de tels corps nus,  ils renversent les bruits de la ville par leur musique plastique. Le pochoir du street-art réveille les vivants et les morts  et gavanise les murs.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

[INTERVIEW] Mostra réalisé en Septembre 2016

Les femmes libres, fières et provocantes de ZALEZ
Je questionne à la fois la tradition du nu (actuel et ancien) face à une société plus libre mais aussi basée sur des principes moraux Judéo-Chrétiens ! — ZALEZ
Artiste multidisciplinaire, tu as exposé un peu partout en Europe et même à Hong Kong !
Peux-tu nous raconter un peu ton parcours ?
J’ai commencé très jeune à dessiner et créer! Tout naturellement je me suis donc tourné vers des études liées à l’Art. J’ai commencé par des études de design d’espaces, puis les Beaux-Arts et enfin une licence d’Histoire de l’art. Je ne suis jamais allez au bout d’aucun de ces cursus (principalement car je ne me reconnaissais dans aucun d’eux). J’ai donc débuté un peu comme un pied de nez à ces écoles une démarches artistiques liées au travail sur le corps et principalement celui féminin. J’ai débuté des expositions dans les bars, les restaurants puis en galerie en France et enfin à l’étranger !
ZALEZ vient du nom du collectif avec lequel tu as commencé le graffiti : « Zone Agréée Libertaire Éduquée à Zapper ».
Quelles actions organisait ce collectif ?
On ne peut pas vraiment qualifier cela un collectif. C’était un groupe d’étudiants qui, lassés des dictats des écoles d’Art se réunissaient pour montrer leur travail de manière sauvage et libre, exposer leur créations personnelles dans des rues à Toulouse, sans regard extérieur, sans communication. Simplement de manière libre et spontanée. Beaucoup d’entre eux ont quitté le monde artistique et c’est un peu un hommage à toutes ces personnes, libres, insouciantes que j’ai commencé à signer mes œuvres par ZALEZ.

Pochoir de ZALEZ à San Diego
Maintenant, t’arrive-t-il encore de graffer, ou te consacres-tu à d’autres supports, comme la toile par exemple ? Pourquoi ?
J’ai besoin d’un équilibre dans mon travail, avec de la recherche, de la création sur toile et du travail dans la rue. Le travail dans la rue nourrit énormément mes recherches et mon travail sur toile. C’est toujours enrichissant d’être dans la rue et créer dans l’espace public de manière libre et spontanée !
Sur ton compte Instagram, il est écrit que tu « travailles sur le paradoxe entre l’approche classique et la nouvelle approche du nu ». Cela m’a fait penser à « Happy Air Max Day! ». Qu’entends-tu par-là ?
AHAHAH!!! Oui j’aime bien ce néologisme… Je questionne à la fois la tradition du nu (actuel et ancien) face à une société plus libre mais aussi basée sur des principes moraux Judéo-Chrétiens ! Disons que j’ai commencé à m’intéresser à la représentation de l’idéal féminin dans la société actuelle (publicité, film, art, etc.) et à ce que cela engendre sur le regard dans le réel ! Et j’ai combiné cela avec la tradition du nu représentant un idéal (dieu, déesse, etc.) parce qu’on n’avait pas le droit de représenter des humains (qui susciteraient du désir) ! Le tout avec une technique utilisée dans la rue : le pochoir.

ZALEZ en plein travail
Certaines de tes œuvres sont plutôt provocantes. Est-ce un moyen d’interroger le regard que l’on porte sur le corps des femmes ? En particulier sur le corps nu ?
Oui tout à fait, j’ai compris que le spectateur devant un corps nu réagit de manière très différente (surtout celui féminin) et que cela reflète sa propre vision de son corps et de son éducation. Ainsi, si mon travail peut permettre de se libérer de certains a priori ou de comprendre d’où cela vient, je suis le plus satisfait des Artistes !
Tu as déjà travaillé le pochoir sur corps ! Le résultat est d’ailleurs assez impressionnant. As-tu déjà essayé une technique ou un support encore plus original/audacieux ?
Je suis toujours en constante recherche, j’aime me confronter à de nouveaux supports, des nouvelles techniques (le dessin, l’aquarelle, les encres, la gravure, la sérigraphie, récemment la peinture à l’huile…). Cela permet de se confronter à d’autres difficultés techniques et de s’en enrichir. Pour ce qui est des supports atypiques, j’ai peint sur une vache ! Avec de la peinture spéciale à base d’eau…

Peinture sur vache, par ZALEZ
Certaines de tes œuvres sont impressionnantes de réalisme. Ces femmes ont en elles quelque chose de vivant, de mouvant. En regardant « Ebony » je m’attendais presque à la voir me faire un clin d’œil ! Travailles-tu avec des modèles ? Est-ce un effet que tu recherches ?
Je travaille en dessin, créant ainsi mes pochoirs en couleurs les uns après les autres comme pour un personnage de bande dessinée. Ce sont que des chimères qui n’existent que sur la surface de la toile! Je travaille principalement à l’esthétique et au dynamisme dans la position du personnage et surtout le regard, quasiment toujours regardant le spectateur, le défiant dans un élan de femme libre assumant sa nudité face au monde !
Quelle est ta démarche artistique ? Comment choisis-tu tes sujets ? Tes supports ?
Ma démarche artistique est à la fois de pousser les limites de la représentation du corps féminin, choquant, sensuel, tendre, mélangeant différents niveaux de lecture ! J’apprécie beaucoup quand des personnes me donnent leur point de vue et révèlent des lectures auxquelles je n’avais pas pensé, basées sur leurs expériences, leur vie, leurs peurs, leurs défauts… C’est un partage d’offrir une œuvre d’art au monde ! Je travaille pas mal en fonction de ce qui me touche, ce qui se passe dans la société, ce que j’ai vu ou vécu !

Black Masq, acrylique et bombe aérosol sur toile, par ZALEZ
Tu as lancé une vente sur Mostra. L’œuvre en question s’appelle « Flying Dirt Leopard ». Quelle est son histoire ?
Son histoire a débuté par le constat que je n’avais pas travaillé sur des femmes à la peau noire. Et puis dans l’art en général cela n’est pas vraiment un sujet traité et encore moins de manière sexy ! Plus j’avançais et plus je ne voulais pas tomber dans un stéréotype. J’ai voulu à la fois créer un personnage en relation avec son temps s’inscrivant dans une société moderne et forte de son histoire reliée à ses origines (son background représenté par le motif léopard du fond s’effaçant ou se mêlant au fond très urbain). Enfin, le titre est venu de mon meilleur ami qui a créé un groupe de Rock portant ce nom et qui me semblait en parfaite adéquation avec ce que je voulais exprimer !

Flying Dirt Leopard, par ZALEZ
Quels sont les cinq noms qui culminent au sommet de ton panthéon artistique ?
C’est toujours un exercice difficile que de créer une liste d’artistes importants, il y en a tellement d’inspirants ! Je vais nommer que des Artistes vivants pour éviter les récurrents : Warhol, Basquiat, Picasso, et Duchamp,.. Je dirais donc Mel Ramos, Phillipe Pasqua, Juan Francisco Casas, et The Kid !
Ta dernière exposition était « Road to Mukono », à la galerie Swinton & Grant à Madrid. Peux-tu nous en parler ?
Oui c’est un projet en partenariat avec l’association « Roule petit Ougandais » qui développe le Skateboard en Ouganda pour les enfants défavorisés en achetant du matériel et en construisant un skate-park. Il va donc y avoir une vente aux enchères des 70 planches réalisées par des artistes du monde entier et tous les fonds iront à l’association.

Road to Mukono, par ZALEZ
Une anecdote ?
Il y a quelques années, j’ai peint une dizaine de personnages à Nîmes en une nuit, et le matin en allant faire les photos, j’ai découvert que tout avait été effacé en quelques heures par les services de la propreté urbaine ! Bilan aucune image d’une nuit de travail, mais bravo les services de la Ville de Nîmes !
Et pour finir quels sont tes projets à venir ?
Je serais représenté au prix « du Graffiti 2016 » qui aura lieu le 5 octobre à la Manufacture 111. Une participation aussi à l’ouvrage collectif Opus délit n°69 et ensuite j’ai un projet d’exposition avec un tout nouveau travail sur des gravures anciennes.
Propos recueillis pour Mostra, plateforme spécialisée dans le tirage d’art

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